2ème témoignage de campagne par Akira AUBERT, mandataire financier de François Asselineau pour l’élection législative du Lot-et-Garonne

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« La plupart de la propagande n’est pas conçue pour tromper l’esprit critique, mais simplement pour donner aux lâches d’esprit une excuse pour ne pas penser du tout. »
Michael Rivero

Je reprends ce témoignage de campagne depuis jeudi dernier, jour de marché à Monsempron-Libos. (lire la première partie du témoignage ici)

Nous y avons rencontré un responsable du « Partit Occitan », ainsi qu’un militant EELV. À la fin du tractage, j’amorce une discussion, en lui présentant la fameuse carte des « eurominorités » des Verts Européens/EFA (http://www.e-f-a.org/kaartje.php – Merci Jérémy Touchard).

J’ai demandé en quoi ce découpage était intéressant à leurs yeux. Comme mon interlocuteur me répondait que cette carte était une illustration de la réalité territoriale européenne, j’ai pu écouter un discours pour le moins original sur l’appartenance culturelle des territoires, sur l’identité ethnolinguistique.

Tout de suite, M. Boissière a brocardé la « République Jacobine », qui selon lui a détruit le lien entre les peuples et leur langue, citant l’exemple de sa mère qui se faisait réprimander lorsqu’elle parlait l’occitan à l’école.

Quoi de plus normal répondais-je ? La monarchie réservait le français à l’aristocratie afin de maintenir le peuple dans l’infirmité linguistique, les patois, et l’écarter de la politique. Le français n’était-il pas un moyen de mettre à égalité les citoyens ? N’a-t-il pas permis l’essor intellectuel de la France au XIXème siècle ?

Gêné par mon objection et répondant à côté, m’assurant que la pratique de l’occitan était une ouverture sur les autres langues, M Boissières prit un exemple extraordinaire pour justifier une politique appliquée à 500 millions de personnes. Ne se basant pas sur l’expérience d’un professeur, encore moins d’une étude universitaire, ou mieux de statistiques étatiques officielles, il prit comme exemple… sa fille.

Il m’assura qu’elle était une élève prodige, parlant l’anglais, l’espagnol, le français, l’occitan et le chinois. En guise de réponse à ma remarque, j’ai ainsi eu droit à une longue hagiographie de sa progéniture, émouvante car sincère, mais dont la pertinence me laissa pour le moins dubitatif.

Il est évidemment urgent de former des jeunes polyglottes, mais cet exemple ne reflète-t-il pas la déconnexion totale entre les citoyens et leurs responsables politiques ?

Doit-on se concentrer sur l’alphabétisation des gens, les sortir des ghettos culturels ou ressusciter la pratique de langues désuètes ?

Comme il continuait à affirmer qu’il était nécessaire, en période de mondialisation, d’avoir un lien fort entre les terroirs et leurs citoyens, je manquai une occasion de lui demander s’il était dans l’intérêt de la Chine de développer chez eux les langues régionales pour se faire entendre sur la scène mondiale.

Je préférai rétorquer en citant le contre exemple Césairien.

Aimé Césaire, homme politique martiniquais, homme de lettres mondialement connu et reconnu, est célèbre pour avoir porté la voix des Antilles en utilisant le français, en le renouvelant, en créant la négritude. Au sortir de la guerre, il demanda la départementalisation de la Martinique et de la Guadeloupe, allant à contre-courant de la plupart des colonies françaises, qui demandaient leur indépendance.

« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche. Ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir ».
Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal

Se réclamant de la « Civilisation Universelle », le choix de Césaire est pour moi un symbole parfait de l’alliance entre l’identité régionale et nationale. Ce choix généreux, d’ouverture sur la langue française me semble à l’image de l’idéal républicain.

J’exprimais donc mon inquiétude sur la menace que fait planer l’Union Européenne sur la République. Son acolyte m’assura être son défenseur, mais insista sur le fait que ce régime pouvait faire du mal à son peuple. Je répondais alors que oui, certes, mais peut-être beaucoup moins qu’un empire.

Poursuivant sur la logique guerrière de l’UE, complice de l’OTAN, la schizophrénie écologiste concernant la politique environnementale de l’Union, et les choix de société, j’assistais à l’essoufflement argumentatif de mes débatteurs.

Le Vert « croyait » à l’influence des parlementaires sur la commission. S’il s’agit de croyances…

Leur argument final : « l’Europe c’est la paix » mit un terme à notre échange. Je n’eus pas droit à des réponses, mais à des compliments sur ma pugnacité. Il faut dire que répondre à la question des liens de subordination de l’UE à l’OTAN, et à des interrogations sur l’ingérence des euro-atlantistes en Syrie et en Libye n’est pas chose facile si l’on est à la fois pacifiste et pro européen. Ils partirent.

L’après-midi, sous les arcades de la place Lafayette. Nous rencontrons une femme extrêmement remontée contre le PS, et son épouvantail local… Elle rejetait viscéralement le socialisme, le gaspillage, et l’escalade dépensière. Pour elle, ce serait l’UMP, rien d’autre.

Mais, curieux, et à l’écoute, Vincent Poiret et moi-même avons continué à la questionner sur la situation en France, le clivage entre la gauche et la droite, les questions financières. Les minutes passèrent et, de fil en aiguille, présentant l’UPR en détail, nous avons fini par toucher chez elle une corde sensible.

Cette femme, diplômée de HEC, avait travaillé toute sa vie dans la finance. Pour elle, le marché mondial était manipulé par le dollar, nous devions retrouver au plus vite le franc. Connaissant très bien le fameux système Target 2 d’échange interbancaire, elle fut stupéfaite de voir à quel point nous autres militants de base étions renseignés sur le sujet.

Et c’est sans grande surprise qu’en fin de compte, la conclusion politique qu’elle soulevait allait se retourner contre son affirmation initiale sur le vote UMP. Confirmant l’impuissance du système politique actuel, elle eut le courage de dénoncer non seulement la mainmise américaine sur la diplomatie européenne et française, mais aussi la nécessité absolue de retrouver un équilibre politique entre la machine impériale et la raison républicaine.

Après trois quarts d’heure de discussion, elle était complètement revenue sur son affirmation initiale. Peut-être votera-t-elle pour François Asselineau, qui sait ?

Vendredi matin, marché à Sainte-Livrade sur Lot.

Sainte-Livrade est la ville la plus multiculturelle de la région, accueillant Italiens, Espagnols, Portugais, Indochinois, Pieds-noirs et immigrés marocains, algériens, tunisiens. Et plus récemment, des Britanniques et des Néerlandais.

Grand marché, nombreuses discussions, nous étions – encore une fois – plus nombreux que tous les autres partis réunis.

La présence éclair du candidat FN, accompagné d’une poignée de militants, dénota particulièrement avec nos longues et insistantes conversations. En même temps, comment est-il possible de discuter du projet FN ? Les affiches sauvages du FN, avec le slogan bouffon « Marine ça urge », nous le confirment : ce parti repoussoir ne peut passer que dans l’urgence et sur un énorme malentendu.

La calomnie ridicule du FN à notre encontre publiée dans le journal Sud-Ouest (selon laquelle François Asselineau serait un « sous marin de l’UMP ») montre à quel point ce parti est fébrile. Quel « sous-marin de l’UMP » voudrait la nationalisation de TF1 ? Et si nous étions un « sous marin » destiné à prendre des voix au FN, pourquoi FR3 Aquitaine donne-t-il largement la parole au FN et qu’il nous en refuse même 15 secondes ? Le FN ne cessera-t-il donc jamais d’être toujours plus consternant ?

Samedi, le soleil était enfin revenu sur Villeneuve. Et les militants, arrivés de toute la France, accompagnèrent François Asselineau dans les allées du marché pour représenter nos idées.

En même temps, le PS inaugurait sa permanence. La venue d’Harlem Désir amena un cortège de membres du PS tous en costume sombre, entourés de photographes et journalistes, qui prirent le soin de baisser leurs appareils photo lorsqu’au détour d’une rue, nous les rencontrâmes. Ils se dirigeaient vers le pont des Cieutats pour une séance photo. Pas un seul habitant de Villeneuve pour prêter attention à ce cortège funèbre. Sous l’impulsion de Vincent, nous nous mirent à siffloter l’air du Parrain de Coppola. Ambiance.

Dimanche matin marché à Fumel. Ville de Jean-Louis Costes, le candidat de l’UMP.

C’est le terrain le plus difficile pour nous depuis le début de cette campagne. Un mur d’incompréhension est visiblement dressé, et nous devons casser les préjugés plus fortement qu’ailleurs dans cette ville où la ségrégation sociale se fait davantage sentir. Le petit marché n’est en tout cas pas très arpenté par la population d’origine immigrée, pourtant présente dans certains quartiers. Des contacts y furent d’ailleurs noués, grâce à Wardia et Charly.
Affaire à suivre…

Lundi, sur le marché de Cancon, petite ville au nord de la circonscription. Dans ce tout petit village, nous étions tout simplement à certains moments plus nombreux que les clients. À la saison des fraises, nous avons constaté une certaine résignation des commerçants, tristes de la désertification de la région, pourtant une région agricole de France.

Autour de quelques militants, nous avons rencontré le candidat PS Bernard Barral qui nous a apostrophé en nous lançant cette pensée profonde : « Vous êtes contre l’Europe, vous voulez la guerre ! » J’en connais un qui devrait lire le livre Le dernier Mitterrand dont parle François Asselineau dans ses conférences : « La France est en guerre mais les Français ne le savent pas ». Il serait temps que les « socialistes » réalisent dans quelle guerre la France est déjà engagée.

Mardi, certains ont assisté à un spectacle désolant : des insultes proférées entre les candidats EELV et FN. Si nous n’avions pas touché le fond avant, avec ces deux partis, il est toujours possible d’aller plus bas. Pour rappel : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Graham’s_Hierarchy_of_Disagreement_(French).svg

Ces trois derniers jours, au marché bio de Villeneuve, au marché de Monsempron et à celui de Sainte Livrade, nous étions encore les seuls à être réellement présents sur le pavé. Les seuls à faire de la véritable pédagogie politique. Les seuls à rétablir le lien entre citoyens et République.

Madame Kiddi, candidate Modem, quelque peu désabusée, a reconnu en nous « un discours vraiment différent ». Difficile de lire dans ses yeux à cause de ses lunettes de soleil… Elle aussi était impressionnée par notre force de frappe.

À Sainte-Livrade, discussion atterrante avec un militant PS. « Vous êtes jeunes, vous verrez plus tard ». « Je ne milite pas pour mes idées, je milite pour le parti au pouvoir ». « Je vote pour le moins pire ». Avec de telles personnes, et un discours aussi affligeant, on peut comprendre pourquoi tant de gens se détournent de la politique.

Dans un système où nous nous devons de porter la voix du peuple, et travailler à être leurs interprètes, nous cherchons à croître. Cette campagne est à notre image : envers et contre tout, nous incarnons la Résistance.

Une machine se met en route, la Charte et le programme de l’UPR sont les meilleurs outils pour rassembler les Français.

Akira Aubert

« Je suis peuple, peuple innombrable. J’ai dans ma voix la force pure pour traverser les ténèbres. » Pablo Neruda

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