Alors qu’Angela Merkel remporte une grande victoire électorale, la popularité de François Hollande s’effondre à son plus bas niveau depuis son élection

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LE CHEF DE L’ÉTAT N’EST PLUS QU’À UN SEUL POINT DU RECORD HISTORIQUE D’IMPOPULARITÉ SOUS LA Ve RÉPUBLIQUE.

Deux informations en sens radicalement contraires ont fait l’actualité politique de ce dimanche 22 septembre 2013.

1°) D’un côté, on a appris que la Chancelière d’Allemagne venait de remporter les élections législatives. Elle permet à son parti (l’Union chrétienne démocrate, CDU) de recueillir son score le plus élevé depuis la réunification du pays en 1990 avec 42,5% des voix, en hausse de près de 9 points par rapport à l’élection de 2009. À l’heure où j’écris ces lignes, il semblait que la CDU manquerait de 2 sièges seulement la majorité absolue des sièges au Bundestag.

2°) De l’autre côté, on a appris que, selon le dernier « Baromètre du Journal du Dimanche (JDD) », la cote de popularité de François Hollande venait de repartir violemment à la baisse, en s’effondrant à son plus bas niveau depuis l’élection de 2012. Selon ce sondage Ifop/JDD, le président de la République chute de cinq points et tombe à 23% de Français satisfaits de son action. En revanche, 76% des Français en sont mécontents, et notamment une part croissante d’électeurs du PS.

François Hollande n’est ainsi plus qu’à un tout petit point du record historique d’impopularité d’un chef de l’État français depuis 55 ans. Ce record établi sous la Ve République est en effet celui atteint par François Mitterrand en décembre 1991, avec seulement 22% de Français satisfaits. C’était lorsque Édith Cresson était apparue, de façon presque ubuesque, comme totalement inapte aux fonctions de Premier ministre.

Commentaires

Le très bon résultat électoral d’Angela Merkel et la déconfiture de François Hollande ont été aussitôt exploités par l’UMP, qui veut y voir la preuve de la supériorité des politiques économiques de droite sur les politiques socialistes.

Ce genre d’explication bassement politicarde est évidemment risible : elle passe par pertes et profits le fait que tous les grands choix économiques sont décidés à Bruxelles et à Francfort et que la politique économique et sociale de François Hollande est à peu près aussi « socialiste » que celle de Nicolas Sarkozy était « gaulliste ».

Comme l’indique Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop, les vraies raisons sont ailleurs :

a) – d’une part « l’effet fiscal » des mesures décidées par François Hollande ; mais celles-ci ont été rendues impératives par les injonctions de la Commission européenne et la BCE, et elles auraient été prises à peu près à l’identique si Sarkozy avait été réélu. On retrouve d’ailleurs, souvent en bien plus sévères, les mêmes mesures fiscales drastiques dans les autres pays de l’UE, à commencer par le Portugal et l’Espagne qui sont dirigées par des gouvernements européistes dits « de droite ».

b) – d’autre part, « l’action du Président sur le dossier syrien désapprouvée par les Français. » Selon l’Ifop, c’est parce qu’une écrasante majorité des Français n’était pas d’accord avec le projet d’agression de la Syrie que la cote de Hollande s’effondre, alors que celle de Jean-Marc Ayrault (à côté de la plaque sur ce coup-là comme sur à peu près tout) reste mauvaise mais stable (à 30%) depuis trois mois.

Le constat le plus inquiétant pour Hollande, c’est que cet effondrement de sa popularité a été calculé APRÈS sa récente intervention télévisée, du dimanche 15 janvier, sur TF1. Autrement dit, plus le locataire de l’Élysée parle et plus il est rejeté par la population ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas bon signe pour la suite des événements.

Conclusion

En définitive, si Angela Merkel est propulsée vers les sommets électoraux tandis que François Hollande s’enfonce dans l’abîme, c’est donc pour deux raisons :

1) – une raison structurelle : l’économie allemande se porte nettement mieux que l’économie française, tout bonnement parce que l’euro, et son taux de change externe, sont parfaitement compatibles avec la compétitivité de l’économie allemande.
Alors qu’ils provoquent l’autodestruction des économies des pays moins compétitifs, comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, et la France.

2) – une raison conjoncturelle : Mme Merkel a fait savoir très tôt qu’il était hors de question que l’Allemagne intervienne militairement en Syrie, laissant à François Hollande le rôle du larbin sans honneur des intérêts de Washington.

Or ces deux raisons, au fond, n’en font qu’une : le peuple allemand a le sentiment qu’Angela Merkel fait tout ce qu’elle peut, compte tenu de l’hégémonie américaine, pour sauver vaille que vaille les intérêts de l’Allemagne et des Allemands. Alors que le peuple français éprouve en profondeur le sentiment que François Hollande ne dirige pas la France dans l’intérêt des Français.

La cote d’impopularité de ce médiocre apparatchik du PS résulte directement de sa servilité à obéir aux diktats de la petite oligarchie euro-atlantiste qui l’a propulsé, par la magie du lavage de cerveau médiatique, à une position où son incompétence éclate désormais au grand jour.

François Asselineau

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