L’UPR rappelle à MM. Valls et Fabius que le principe même de la « construction européenne » est celui d’un « apartheid » planétaire

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Communiqué

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Depuis quelques heures, le microcosme politique et médiatique français ne bruisse que de la dernière déclaration du Premier ministre qui a déploré l’existence, selon lui, d’un « apartheid territorial, social, ethnique » en France.

Les dirigeants politiques de plusieurs formations, notamment du PS, ont critiqué cette expression en estimant que, si l’on pouvait certes parler de « ségrégation », il était abusif d’employer le terme « d’apartheid » puisque cette politique sud-africaine, officiellement mise en œuvre après la Seconde Guerre mondiale, supposerait qu’il existe un support juridique à la discrimination.

Le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius a ainsi déclaré sur RTL que « Manuel Valls a voulu dire qu’il y a une ségrégation. L’apartheid, juridiquement, ça voulait dire que les Noirs n’avaient pas les mêmes droits que les Blancs. En France, il n’y a pas de ségrégation juridique. ».

L’UPR renvoie dos à dos MM. Valls et Fabius, ainsi que les dirigeants de l’UMP et de l’UDI qui ont eu des vapeurs en entendant le mot « d’apartheid ».

L’UPR rappelle en effet à tous ces Tartuffes de l’européisme, droite et gauche confondues, que la politique stratégique qu’ils appliquent à la France depuis plusieurs décennies, qui vise à faire disparaître la France dans un État-continent, est en réalité fondée sur des présupposés qu’ils se gardent bien de regarder en face. Ils nous assurent que notre avenir passerait par une fusion avec l’Estonie, la Slovaquie, l’Angleterre, la Bulgarie ou les Pays-Bas ; dans ce but, ils nous coupent progressivement de nos amitiés traditionnelles avec les pays de la Francophonie, du monde slave, du monde arabe et musulman, de la Chine, de l’Amérique Latine…Mais pourquoi ?

L’UPR note que l’un des arguments favoris des européistes pour justifier ce choix stratégique, consiste régulièrement à faire peur aux Français en brandissant les menaces que les autres parties du monde (Russie, Chine, Inde, monde musulman, etc.) feraient peser sur eux.

Un clip vidéo conçu et financé récemment par la Commission européenne pour promouvoir l’élargissement de l’UE a provoqué un scandale international et a dû être retiré précipitamment, justement sous l’accusation de racisme. Elle mettait en effet en scène le viol symbolique d’une femme blanche – symbolisant l’Europe – par un Chinois, un Indien et un Latino-Américain.

De nombreuses protestations, émanant notamment des ambassades des pays visés, jetèrent à cette occasion une lumière crue sur le raisonnement raciste latent inhérent au principe même de la prétendue « construction européenne » ( https://www.upr.fr/actualite/europe/le-choc-des-civilisations-prone-dans-un-clip-de-la-commission-europeenne )

La quintessence même de la « construction européenne » revient ainsi à bâtir une sorte « d’apartheid planétaire » honteux. Il n’ose certes pas dire son nom, mais il existe pourtant bel et bien, que ce soit aux plans juridique, économique, commercial, monétaire, diplomatique, militaire, etc. (cf. par exemple la conférence donnée par François ASSELINEAU à l’université Libre de Belgique le 16 mai 2013 à Bruxelles à partir de 21’47’’ : https://www.youtube.com/watch?v=jXjnlLRM8LY  )

La déclaration du Premier ministre et les remous qu’elle provoque conduisent l’UPR à rappeler que l’idée même des « États-Unis d’Europe », lancée par Victor Hugo il y a 165 ans au Congrès de la Paix du 21 août 1849, fut fondée, dès l’origine, sur un racisme répugnant et une volonté de domination mondiale partagée avec les États-Unis d’Amérique.

Dans son discours – régulièrement célébré par les actuels dirigeants français de droite et de gauche ! (voir https://www.upr.fr/non-classe/chanter-les-louanges-de-victor-hugo ) -, Victor Hugo annonçait en effet que les « États-Unis d’Europe » permettraient de « tendre la main aux États-Unis d’Amérique » afin d’« élargir sans cesse le groupe civilisé » et de « donner le bon exemple aux peuples encore barbares » par un grand élan colonisateur : « Oui, la face du monde serait changée ! Au lieu de se déchirer entre soi, on se répandrait pacifiquement sur l’univers ! Au lieu de faire des révolutions, on ferait des colonies ! Au lieu d’apporter la barbarie à la civilisation, on apporterait la civilisation à la barbarie ! ». Ainsi, « l’Asie serait rendue à la civilisation, l’Afrique serait rendue à l’homme ». (cf. https://www.upr.fr/dossiers-de-fond/victor-hugo-et-l-europe )

L’UPR souligne que, de nos jours, les partisans de la prétendue « construction européenne » continuent, au fond, à raisonner plus ou moins consciemment comme Victor Hugo il y a 165 ans :

  • Ils affirment en effet constamment que nous partagerions les « mêmes valeurs » que les États-Unis d’Amérique, alors que ce pays pratiquait encore juridiquement l’apartheid dans les années 1960, que la ségrégation raciale y exerce toujours des ravages en 2015, qu’il utilise le privilège monétaire du dollar pour piller sans vergogne les ressources des pays pauvres du sud, et qu’il entretient une armée surpuissante qui lui permet d’être le seul pays au monde continuellement en guerre depuis 1941 ;
  • Plus généralement, la politique de « construction européenne » revient à enfermer la France dans un périmètre géographique factice, dont la seule justification est implicitement ségrégationniste et racialiste. En vertu de quoi, par exemple, notre pays verse-t-il, par l’intermédiaire des circuits de financement européen, entre 80 et 200 fois plus d’aide par habitant à Malte, à Chypre ou à la Lettonie qu’au Maroc, à la Tunisie ou au Mali ?

Ces choix politiques et financiers sont triplement scandaleux :

– d’abord parce que la France a des responsabilités historiques et est beaucoup plus proche, à bien des égards, des pays francophones du Maghreb ou d’Afrique, que des pays baltes ou d’Europe de l’est ;

– ensuite parce que les pays du Maghreb ou d’Afrique sont beaucoup plus nécessiteux d’aide financière que les pays d’Europe de l’est ;

– enfin parce que les fonds versés par la France à l’UE proviennent notamment de recettes de droits de douane et de TVA, acquittés par tous les résidents en France, et notamment par des centaines de milliers de ressortissants des pays du Sud.

APARTHEID = « EUROPEANS ONLY »

APARTHEID = « EUROPEANS ONLY »

A gauche : scène de rue en Afrique du sud en 1960, du temps de l’apartheid. La ségrégation raciale conduisait à séparer les espaces publics entre ceux réservés aux Blancs et ceux réservés aux « Coloured » (Noirs, Indiens, métis…). Comme le montre ce cliché, l’expression « Europeans only » était fréquemment utilisée comme euphémisme à la place de « White only ».  

A droite : formalités de police des frontières à l’aéroport de Stockholm  (Suède) en 2010. Comme dans tous les aéroports des pays membres de l’UE, le public est séparé entre « Europeans only » et les autres. Qu’on le veuille ou pas, le concept même de « construction européenne » – et son corollaire la « citoyenneté européenne » – sont inspirés de la même pensée ségrégationniste que celle de l’apartheid. La théorie du « Choc des Civilisations » est assimilable à un apartheid planétaire.

Seule sur toute la scène politique française, l’UPR dénonce le principe même de la construction européenne comme étant fondé sur une vision désuète, implicitement racialiste, anxiogène et guerrière de l’univers.

Seule l’UPR souligne l’incohérence et l’inconscience qu’il y a à afficher des valeurs républicaines d’égalité et de prétendre lutter contre l’apartheid en France, tout en approuvant, au niveau planétaire, les inégalités et l’apartheid implicites inhérents au prétendu  « monde multipolaire » que l’on veut nous imposer.

Seule l’UPR souligne que ce projet de « construction européenne » est destiné à devenir un ensemble euro-atlantiste piloté par les Anglo-Saxons et placé sous la direction de Washington si les projets de traités TAFTA et autres vont jusqu’à leur terme logique.  

Seule l’UPR souligne que ce projet de « construction européenne » s’inscrit ainsi dans la théorie du « Choc des Civilisations », chère aux Docteurs Folamour du Pentagone et du Département d’État américain.

Dès sa Charte fondatrice adoptée le 25 mars 2007, l’UPR a « affirmé solennellement qu’en ce XXIe siècle qui voit le triomphe des échanges et des communications d’un bout à l’autre du globe, la seule instance internationale légitime est plus que jamais l’Organisation des Nations Unies, dont le principe éthique suprême est de traiter tous les peuples et toutes les nations sur un strict pied d’égalité. L’idée même de construire, de gré ou de force, un empire européen – ou euro-atlantique – qui inclurait certaines nations et en exclurait toutes les autres constitue une erreur tragique et un contresens historique majeur, dont les conséquences sur la paix mondiale pourraient être redoutables.

C’est pourquoi l’UPR entend promouvoir les coopérations internationales de toute nature avec tous les États de la planète, sans procéder à une quelconque distinction, moralement et éthiquement suspecte, en fonction de leur appartenance ou non au continent européen. L’UPR rappelle à ce propos que les définitions des continents sont de pures conventions géographiques, qui ne correspondent nullement aux affinités et aux échanges entre les États du globe. » (cf. https://www.upr.fr/charte-fondatrice )

L’UPR n’a ainsi pas attendu Manuel Valls pour dénoncer l’existence d’un « apartheid ». Mais l’UPR le place au vrai niveau qui est le sien : le niveau planétaire.

Et cet apartheid-là, Manuel Valls et tous les partisans de la prétendue « construction européenne », consciemment ou inconsciemment, l’approuvent.

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